Les chapeaux de sorcières

Dans le plus fort de « la harse » (les premiers clapots vers le large de Tadoussac pendant la mi-flot 48° 7’ 12.54»N  69°40’ 58.19»O), des collisions de courants soulèvent des milliers de clapots coniques, très étroits, hauts d’un mètre, semblables à des chapeaux de sorcières. Un petit brouillard enrobe le tout et colore l’atmosphère de gris sur gris, et avec encore une touche de gris. La pointe extrême de chacun de ces chapeaux se désintègre dans la petite brise, laissant une traînée comme un ruban coiffant ces couvre-chefs improbables. L’étrave de Grande Ourse en fait exploser des milliers, d’autres frôlent les francs bords et toujours ils se reforment dans notre sillage, d’abord timidement puis dans toute leur splendeur. Nous sommes sans importance dans leur jeu spectaculaire.

Par Robert Routhier

Witches’ hats

In the worst part of the “la Harse” ( the first choppy seas outside Tadoussac  during the mid-flood stream at the point 48°7’12.54”N   69°40’58.19”O) where the collision of currents lift thousands of very narrow, one-meter high hat-shaped cones,  as witch hats. When a little fog wraps it all and colors the atmosphere gray on gray. The tips of the hats disappear in a little breeze, leaving a drifting mist as a ribbon topping those singular hats. Once, the bow of La Grande Ourse smashed thousands of them, others close in on the freeboard and reshape themselves right after our passage, small at the beginning then in their full splendid shape. We feel very little in their spectacular dance.

Traduit par Dominique Lebot

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