Parce que la voile
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Le débrouillard,

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Le débrouillard

L’arbre porte-hélice se désolidarise de la transmission, et malgré la bonne marche du moteur, il ne peut servir à propulser le bateau. Nous constatons qu’il manque une grosse clef pour démonter le système et il faut absolument s’en procurer une pour réparer. Bien à l’abri, mais absolument seuls dans une baie déserte où quelques promeneurs déambulent sur la plage, nous décidons de fabriquer un voilier catamaran miniature à l’aide de deux pare-battages. Nous lions notre estafette au voilier à l’aide d’un fil de pêche long de plusieurs centaines de mètres et après plusieurs essais pour ajuster la voile et la course, nous le laissons se rendre à la plage avec des instructions sur notre besoin et quelques dollars. Quelques heures plus tard, nous hâlons notre cata qui transporte une clef et la monnaie.

Par Robert Routhier

 

Being resourceful

Once, the propeller shaft uncouples itself from the transmission, even though the engine is running smoothly, it cannot give any propulsion to the boat. In our solution mode, we find out that we do not have a wrench large enough to dismantle the system, which is mandatory to perform the task. Alone in a protected bay and without a tender, we decide to build ourselves a miniature catamaran to reach the beach where a few persons are strolling. We then decide to use two fenders fastened together and tie this homemade catamaran with a long fishing line of a few hundred meters. After several tries of hoisting, trimming our sail, finding the correct course, we let our craft reach the beach having on its board instructions on our needs and a few dollars. A few hours later, we haul back our catamaran craft which is bringing us back the correct wrench and the change.

Translation by Dominique Lebot

La misère,

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La misère

Mais la pire de toutes les calamités, c’est « le Capitaine Gérard Harvey » alias le « Bonhomme », de Baie St-Paul, dans son ouvrage « Marins du Saint-Laurent » qui la décrit bien : « À la barre, les bottes de loup marin pleines d’eau et la pipe éteinte ».

Par Robert Routhier

 

The worst of the worst

As the “Capitane Gérard Harvey”, from Baie St-Paul, nicknamed “le bonhomme” states in his book “Marins du St-Laurent” (St-Lawrence sailors), a sailor’s misery is “Having to stay at the helm with seal boots full of water and a wet unlit pipe”.

Translation by Dominique Lebot

Recette,

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Recette

Le pire pour un marin, c’est de ne pas avoir un bon café. Voici la recette pour éviter la mauvaise humeur : mettez de l’eau dans une livre de café. Laissez tomber dedans une manille de bonne dimension. Si elle coule, ajoutez un peu de café.

Par Robert Routhier

 

Special coffee

The worst thing that can happen to a sailor is to make do without coffee. Here is a recipe to avoid any grudge. Add water to one pound of coffee, drop a good size shackle, and if it sinks add a bit of coffee…..

Translation by Dominique Lebot

Ha ! Le mal de mer,

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Ha ! Le mal de mer

Sauf peut-être les pilotes de chasse très entraînés, tout le monde y passe, ou presque. Comme le chante Renaud …« vomir son quatre heures » … Pour un marin en fonction, l’important c’est de ne pas s’effondrer entre deux … spasmes… Le mal de mer provoque bien des réactions : certains ont honte, d’autres s’effondrent psychologiquement. Dans tous les cas, il faut le combattre avec des médicaments, résister aux malaises, s’hydrater et faire de la mer encore et encore. L’adage dit : la première heure, on pense que c’est un mauvais moment à passer. La deuxième heure, on pense mourir. La troisième heure, on souhaite mourir.

Par Robert Routhier

 

Sea sickness almost for all

One day or another this is the load of every seafarer except maybe fighter pilots. As a famous singer puts it in his songs “…to vomit our 4 hours”….

For a sailor on duty, the essential is to avoid collapsing between to vomiting spasms…. Sea sickness may impact different aspects for different persons, for example some feel ashamed, some psychologically broken-down.  In all cases, action must be taken, take medicine, resist the nausea spasms symptoms, hydrate yourself, and swim in the sea again and again.

A common saying asserts: the first hour you think it is a difficult time to go through, the second you figure out you will not survive, the third hour you just ask for the mercy of death.

Translation by Dominique Lebot

Malheur aux incrédules,

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Malheur aux incrédules

Il pleut des cordes, mais un beau sud-ouest nous pousse vers Rimouski. En arrondissant la Pointe à Santerre, (48° 24’ 00’’N 068° 41’ 00’’O) je raconte la légende de la « sorcière à Batoche » avec fioritures et détails, mais surtout avec respect. Même si l’on n’y croit pas, il demeure toujours un petit reste de superstition quand on passe beaucoup de temps en mer. Tous les équipiers, par peur ou fanfaronnade, se moquent de mon histoire. – On ne doit pas se moquer des fantômes, dis-je. À peine quelques minutes plus tard, un équipier m’annonce qu’il n’y a plus de barre. – Ben voyons, ils me remettent ma légende sur le nez pour se moquer de moi, pensai-je. Mais non, c’est bien réel, la roue tourne dans le vide. Les équipiers ont la mine déconfite. Nous installons la barre franche et naviguons ainsi, en quasi silence, jusqu’à Rimouski. Le piédestal est démonté : c’est un filin d’acier gros comme le petit doigt qui est sectionné. Pour le réparer, il faut une grosse pince à sertir hydraulique que j’imagine très difficile à trouver en ce dimanche pluvieux de fin de saison. L’équipage morose ne me souhaite même pas bonne chance tant il est affecté par l’incident de la sorcière. Moins de trois minutes plus tard, je reviens au bateau avec un gars et sa pince à sertir. C’était un électricien qui réparait une connexion sur les pontons. L’équipage me regarde, médusé. – J’ai vu le repentir sur votre visage en partant, il y a trois minutes, leur dis-je. La sorcière à Batoche a eu pitié de nous et nous a pardonné, car maintenant vous croyez en elle.

Par Robert Routhier

 

Unbelievers beware of misfortune

A nice south-westerly wind pushes us towards Rimouski even though we are in a downpour. When rounding the Point of Santerre (48°23’45”N 068°40’40”O), I take the opportunity to relate very exhaustively the legend of the “witch of Batoche” but showing a lot of respect. Even for non-believers, there still lingers a trace of superstitions beliefs when being often at sea. However for now, all the crew members make fun of me to maybe not show their fear or just to sound boastful.

“We should not laugh at ghosts” do I tell them.

A few minutes later, a crew member comes up to say that the rudder does not respond when steered.

I tell to myself, that they are challenging me with my legend and try to mock me.

Not at all! It is true, the steering wheel does not respond. The crew members are all baffled. Together we set up a makeshift tiller and sail like this up to Rimouski in an almost religious silence. The steering wheel pedestal is dismounted to find out that a steel wire the size of a little finger is sectioned. To be able to fix it, I need to find large hydraulic crimping pliers, which may be challenging to encounter in this rainy end-of-the season Sunday. The crew is so moody with all this superstitious story and event, that nobody wishes me good luck as I leave to find the tool. However, less than three minutes later, I come back to the boat with the good pliers and their owner. He was an electrician working to repair a connexion on a nearby pontoon.  The crew looks at me bewildered.

To add to the mystery, I say: “before leaving, I saw how repentant you were and this is probably why the witch of Batoche took pity on us and forgave us seeing that now you believe in her.

Translation by Dominique Lebot

La sorcière à Batoche,

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La sorcière à Batoche

Voici une histoire qu’on m’a contée. Dans la région du Bic, à la Pointe à Santerre, (48° 23’ 45’’N 068° 40’ 40’’O) habitait « La Batoche » une pauvre femme qui, aux dires des villageois, perdit son amoureux en mer. En fait, l’amoureux avait plutôt changé de pays et de femme. Quand elle l’apprit, elle maudit tous les marins qui arrondissaient sa pointe, et dit-on, les sorts qu’elle jetait étaient bien réels, même après son décès. Bien d’autres histoires courent sur elle, souvent colportées par des religieux qui ne l’aimaient pas. On passe donc bien au large de la Pointe à Santerre en espérant qu’elle sommeille profondément, ou qu’elle soit occupée dans son jardin réel ou fantomatique.

Par Robert Routhier

 

The witch of Batoche

Someone told me this story. In the area of the Bic, at the Santerre Point (48°23’45”N 068°40’40”O) used to live a poor woman the “Batoche” who lost her man at sea according to the nearby villagers. In fact, her lover had rather changed his country and wife as well. When she learned that, she put a curse on all the sailors rounding her point and as I was told her curses were real and continued even after her death. Many other stories are carried on about her, often gossiped by religious people who did not like her. Therefore, when rounding the Point of Santerre, sailors head far away from it hoping she is sound asleep or that she is busy in her real or ghostly garden.

Translation by Dominique Lebot

Oups… la blague la plus courte du monde,

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Oups… la blague la plus courte du monde

Un homme timide, peu loquace, a des talents de bon marin. Il s’attaque au prélavage de la vaisselle à l’eau de mer avec entrain, toujours en silence. Au moment où il balance l’eau de lavage pardessus bord (c’était la pratique à l’époque), il jette en même temps toute la coutellerie du bateau. – Oups !… est sa seule réaction. Malgré la perspective de passer le reste de la semaine avec deux fourchettes et un couteau, tout le monde éclate d’un fou rire. Peut-être était-ce la première fois de sa vie qu’il réussissait une blague.

Par Robert Routhier

 

Oops…..the shortest joke of the world

One timid crew member, man of a few words, showing talents as a sailor joyfully starts rinsing the dishes with sea water still without a word. As he dumps his soiled water overboard, (that was the established practice then) he also throws away by mistake all the cutlery we have onboard.

“Oops!” is his sole reaction.

Even with the perspective of passing the rest of the week with only two forks and a knife everybody bursts into laughter.  Maybe, was it the first time of his life he succeeded one of his jokes.

Translation by Dominique Lebot

Écoute rompue… écoute ton capitaine,

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Écoute rompue… écoute ton capitaine

Nous devons arrondir Miscou au près (47° 54’ 25’’N 064° 27’ 25’’O) dans une mer de deux mètres et avec un vent d’environ 30 nœuds. Je suis en train de faire le point tandis que mes deux équipiers, en stage avancé, triment dehors. L’écoute du foc se rompt. Je sors et les vois médusés devant la situation. « Ben les gars, enfilez vos impers, affalez le foc et remplacez-moi cette écoute, je prends la barre ». Ils préparent le travail, et se dirigent vers l’avant avec seulement la veste de leur imperméable. Je leur suggère de mettre la tenue au complet, mais ils font fi de ma recommandation. Avec la grand voile seule, je ne peux pas garder le cap aussi serré au vent. Le contrôle n’est pas parfait à la barre et le cap me rapproche de la terre. Inévitablement, j’embarque un peu de mer ; un paquet d’eau frappe l’étrave et remonte brusquement sous leur imper et sort en gerbe, par leur col. Je ne peux pas m’empêcher de rigoler un peu de leur infortune.

Par Robert Routhier

Listen to your Capitan

Our crew is rounding the tip of Miscou Island (47°54’25”N 064°27’25”O) with a formed sea of two-meter waves and a wind of approximately 30 knots. Down on the chart table, I am establishing our position while the two other crew member, on an intermediate training, who are trimming hard outside. The jib sheet breaks! As I get out on deck, I see them both bewildered with the situation.

“Well my friends, put on your rain gear, hoist down the jib and replace the broken jibsheet, I will take the helm”.

They get the gear ready and go to the pulpit with only the jacket of their rain gear. I gently suggest they should put on the full rain suit, but they ignore my advice. At the helm with the mainsail only, it is very hard to steer towards the good heading so close to the wind which is bringing us close to land. Inevitably, sea water splashes on deck, but suddenly a pack of sea water hits the bow rising up with force and goes right up under their jacket to finally spray out of their collar.

I cannot stop myself laughing, a little, at their misfortune.

Translation by Dominique Lebot

Yvette rêve,

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Yvette rêve

Nous approchons de Saint-Pancrace par une nuit d’encre (49° 17’ 25’’N 068° 2’ 15’’O). La consigne est évidemment de ne pas utiliser de lumières pour conserver une bonne acuité visuelle devant des falaises situées à quelques dizaines de mètres de chaque bord du voilier. Une équipière décide d’immortaliser l’approche par une belle photo au flash ! Aveuglés, nous devons vite faire demi-tour vers le large pendant une vingtaine de minutes afin de nous réadapter à l’obscurité.

Par Robert Routhier

 

Yvette fails to recall

Approaching the very narrow Bay of St-Pancras in a pitch dark night (49°17’25”N 068°2’ 15”O), everybody is instructed to avoid using any lights to keep a good visual acuity of the nearby cliffs each side of the boat at only a few dozen meters. A woman of the crew decides without notice to immortalize this spectacular approach with her camera and its flash! We are so blinded, which means, we have to turn around out of the Bay for at least twenty minutes to regain our night vision.

Translation by Dominique Lebot

Le petit homme de rien,

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Le petit homme de rien

Nous faisons route dans une mer agitée. Le vent est loin d’être violent (25 à 30 nœuds), mais les vagues sont grosses et à pic. À bord, se trouvent deux équipiers aux personnalités antagonistes. Une jeune femme téméraire qui dit avoir tout fait et tout vécu, qui en impose à un homme timide, petit et un peu rond, début de la quarantaine. Je me rends à l’avant pour ariser le foc, car mes équipiers se montrent craintifs. Je donne la barre à la femme, qui me semble plus expérimentée, en lui demandant de bien tenir le cap, afin de soulager le bateau. Après quelques minutes, le bateau enfourne une vague qui passe par-dessus le pont et me projette la mâchoire la première sur le mât. La jeune femme a la tête tournée vers l’arrière et rigole d’une bonne blague avec un équipier. Elle n’a rien vu ! Je retourne à l’arrière, fâché, avec le visage en sang, et ordonne à la femme de passer la barre au «petit homme de rien».  Encore sur le choc, j’ordonne :

– Garde moi ce foutu bateau dans cette direction-là ! Comme ça ! OK ?

– Oui skipper ! Me répond-il ! Les dents serrées, il garde le cap peut-être encore mieux que moi. Je retourne m’affairer à l’avant. Pas une seule vague n’est venue balayer le pont pendant mon intervention… Il ne faut pas toujours se fier aux premières apparences.

Par Robert Routhier

 

A small unimportant man

Heading on a turbulent sea, the wind is far from being violent (25 to 30 knots), but the waves are high and steep. Two members of the crew show totally different personalities. One being a young fearless woman who boasts having done and tried everything. She greatly overshadows a timid little chubby man in his early forties. I reach the front deck to reef the jib because the rest of the crew is a little fearful. I ask the woman to hold the helm and to try at the same time to ease the strain of the waves on the boat, because she looked like the most experienced. After a few minutes, the boat nose dives in a wave that send a pack of water on deck and pitches me jaw open right on the mast. The woman is head over shoulder laughing at a good joke from another crew member. She has not seen anything! I angrily go back to the cockpit and I order her briskly to hand over the bar to the “small unimportant man”.

Still shaken, I order him:“Keep me this darn boat with this heading! Like this! OK?”

He answers: “yes skipper!”

With clenched teeth, he keeps the course even better than I would have. I go back up front and not a wave passes overboard while I am completing the jib reef…

Do not be fooled by appearances at first sight.

Translation by Dominique Lebot

 

L’enthousiasme du stagiaire,

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L’enthousiasme du stagiaire

Lors d’un stage intermédiaire, nous prenons une mer moyenne alors qu’un vigoureux creux est annoncé pour la fin de journée. Nous n’avons toutefois que 4 ou 5 heures de route à faire. Cependant, je suis intrigué par cette mention de « vigoureux creux », car c’est la première fois que je l’entends la radio. Le « vigoureux » s’adonne à être un coup de « boeu » au large de Tadoussac qui arrive plus tôt que prévu. Il est courant dans cette région d’observer des conditions qui surviennent plus tôt ou plus tard qu’annoncées. Le phénomène sera décrit au chapitre sur la météo à paraître. Les vagues sont très à pic, les crêtes s’élèvent à trois mètres. C’est le grand barda à bord tandis que le bateau plonge dans les creux et se redresse dans les crêtes. Un jeune équipier très talentueux, devenu skipper à l’international, est envoyé à l’avant pour prendre un ris au foc. Quand le bateau se redresse, l’effet de la pesanteur augmente et le plaque sur le pont. Quand le bateau plonge, le garçon se retrouve en apesanteur et s’élève de quelques dizaines de centimètres, retenu uniquement par les deux lignes de vie entortillées autour de ses jambes. Le travail est difficile et un volontaire se propose. Les consignes de sécurité sont répétées et notre homme s’en va à l’avant fièrement, comme il se doit, à quatre pattes. La prise de ris terminée, il lance un grand cri de satisfaction en se projetant de dos dans les filières, les deux bras en l’air. Les filières doivent être considérées comme une simple barrière psychologique délimitant le bateau. L’homme est immédiatement rappelé dans le cockpit où il se fait rappeler que les filières n’ont pas un rôle de garde-fou. J’ai recroisé plusieurs fois ce monsieur qui est maintenant propriétaire de son voilier. À chaque fois, je l’invite à relater l’histoire à mes stagiaires.

Par Robert Routhier

 

A trainee’s overflowing joy

In the midst of an intermediate training course, we go offshore in a moderate sea while the weather forecast indicates “vigorous troughs”, I am puzzled because it is the first time I hear the expression on the radio. We still proceed because the outing was supposed to last 4 to 5 hours.  The “vigorous” refers to the “boeu” effect offshore of Tadoussac meaning it will happen earlier than usual. This occurs frequently in this area where weather conditions can happen before or after being forecasted. This specific phenomenon will be addressed in the weather section of my next book. The waves become very choppy, the crests can rise up to 3 meters. Onboard, it is a hullabaloo as the boat dives in the troughs and then rises on the crests. A very talented young trainee, who has become an international skipper, is sent at the pulpit to take one reef in the jib. What a sight it is to see him when the boat rises, with the gravity effect, he is pinned to the deck. But, when the boat dives, with the weightlessness effect, his body rises at about 30 centimeters above deck being held only by two life lines tangled around his legs. The task is arduous, so another volunteer joins him. Once briefed with the security rules, he proudly goes to the front as it should be in these situations, in a crawling position. After succeeding with the first reef of the jib, he shouts loudly with satisfaction and throws himself on the back in the guardrails with his two arms up. He had forgotten that guardrails should be considered only as a psychological barrier establishing the limits of the boat. He is immediately called back in the cockpit and scolded on the fact that boat guardrails do not play the role of their road equivalent.  I often come across this once exuberant crew member, who now has his own sailboat. Each time, when possible, I invite him to narrate this event to my trainees.

Translation by Dominique Lebot

L’accident de 1996,

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L’accident de 1996

Le fameux déluge du Saguenay a été attribué à une énorme dépression combinée à des circonstances particulières. Trois marins partis de la Rive-sud ont sans doute pris plusieurs des pires mauvaises décisions et ont perdu la vie dans le secteur de Tadoussac. Plusieurs années après l’accident, des amis et leur famille se sont persuadés que le phénomène sortait trop de l’ordinaire et ont échafaudé leurs théories. Je les ai eus à mon bord pour documenter et filmer les lieux de la tragédie. Je ne sais pas quoi en penser, mais les points de vue hors des sentiers battus ne sont pas inintéressants. Prendre le large alors que la météo annonçait des orages violents n’était pas une bonne décision. D’autres mauvaises décisions ont sans doute été prises. Qu’on ne connaîtra jamais.

Par Robert Routhier

 

The 1996 accident

The infamous catastrophic 1996 Saguenay flood was the result of an enormous low pressure combined to specific circumstances.  At that time, three sailors having left the South shore of the St-Lawrence probably took several worse decisions and perished at sea in the area of Tadoussac. Many years after this tragedy, some of their friends and family members were convinced of the extraordinary power of that weather system and formulated their own theories about this fatal accident. I had them onboard to help them document and film the scene of this disaster.  I do not know exactly what to think about all this, but different and out of the box points of view deserve to be considered.  In this case, to go at sea with a weather forecast of violent storms was obviously not a good decision. Probably other bad decisions were taken, but no one will ever know for sure.

Translation by Dominique Lebot

Record battu,

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Record battu

Il s’agit d’un record personnel, évidemment. Baie-Éternité vers Tadoussac, trente-deux milles en 3,25 heures, une moyenne de 9,8 nœuds. Pour réussir cela, il faut être dans le gros du jusant d’une grosse marée de 20 pieds, avec de petites cellules orageuses à quelques milles à l’intérieur des terres. Un beau vent chaud, sans vague, toujours par le travers. Un délice. Parfois la voile, ce n’est pas la misère. Courant jet. Le phénomène est connu presque exclusivement par les capitaines des traversiers de Tadoussac. Ces derniers l’associent à de fortes marées et à de bons vents d’ouest. Ce phénomène est tellement localisé que les stations météo ne le captent pas. Notre route chevauche un jusant et un vent régulier sur l’arrière de 30, parfois 35 nœuds. Avec seulement un foc de route, l’allure est confortable. Aux environs de Baie Saint-Étienne, le vent tombe à 20 nœuds environ. Sur notre erre d’aller, nous nous laissons porter par un voilier bien ajusté sans hisser la grand-voile. Heureusement, car à Passe-Pierre, le vent forcit jusqu’à 60 nœuds en quelques minutes. Nous choquons le foc pour n’offrir qu’un minimum de surface de toile. Mon loch est un ancien modèle à cadran : l’aiguille s’appuie sans bouger sur le butoir fixé à 14 nœuds. C’est de la survitesse avec ce type de bateau (Jeanneau sloop de 37 pieds et un autre bateau de l’école, un sloop de 30 pieds). Plutôt dangereux, mais nous savons maintenant qu’à 14 nœuds, peut-être un peu plus, nous sommes capables de tenir un sloop de croisière.

Par Robert Routhier

 

Broken records

This is one of my best record ever, from Baie-Éternité towards Tadoussac, thirty-two miles in 3:25 hours with an average of 9.8 knots. To succeed in doing this, I had the help of a powerful ebb stream with an important tide of at least 20 feet, added with storm cells a few miles inland giving me a nice warm beam wind, without any waves.  This was a real treat, sometimes sailing moments brings you on cloud nine.  Jet stream.  This phenomenon is known only by the ferry Captains of Tadoussac. They associate it with strong tides and a strong westerly breeze. Sometimes, this happens on such a local scale that it is not even recorded by the regional weather forecast station. So once, our heading  rides an ebb flow with a steady 30-knot downwind even 35 knots at times. With just a jib sail, we are comfortable on the boat. Close to the Saint-Etienne Bay, the wind dwindles down to an average of 20 knots. We have a good headway, we run smoothly with a well-rigged and trimmed sailboat without even hoisting the mainsail. This is a good omen, because as we round up Passe-Pierre, the wind strengthens up to 60 knots in a few minutes.  We ease out the jib sheet to only keep a minimal sail surface. Our speed log, which is an old one with a dial, indicates a steady 14 knots. This is over-speed for our type of boat (a Jeanneau 37-foot sloop and a 30-foot sloop used by our school). It was rather a risky speed, but we now know that a cruising yacht can withstand 14 knots and, maybe, even a little more.

Translation by Dominique Lebot

Exercice de précision,

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Exercice de précision

Je fixe un point au hasard sur la carte et demande à l’équipage de passer à moins d’un quart de mille de celui-ci en n’utilisant que les instruments traditionnels. Par bon vent, l’excitation est à son comble et l’équipage oublie parfois de régler le bateau dans une zone de confort, car toute la concentration va vers la réussite de l’objectif. Tant et si bien que cela donne un équipier concentré sur la table à carte, soutenu par un autre qui le maintien en position, le bateau ayant été un peu oublié. Ça fonctionne, mais ne peut tenir longtemps. En course, le confort est souvent sacrifié pour faire du cap, mais la voile croisière, avec un bateau plus lent, permet de demeurer longtemps en mer et, habituellement, de ne pas être trop pressé.

Par Robert Routhier

 

Precision exercise

I haphazardly select a spot on the map and request the crew to pass within a quarter of a mile of it by using only traditional instruments. With a good breeze, the crew is very excited, so much that it forgets to sail the boat in its

comfort zone, because all their concentration is focused on the objective. The result is that a crew member has to support physically his deeply concentrated colleague working on the chart table, because the boat is heeling so much. For a while it works, but this cannot be withstood for a long run. While racing, comfort is often sacrificed to faster reach a target, but cruising with a slower boat allows to stay longer at sea and not to be in a hurry.

Translation by Dominique Lebot

Le fantôme de l’opéra,

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Le fantôme de l’opéra

Un brave stagiaire dort du sommeil du juste jusqu’à ce qu’une envie le réveille au milieu de la nuit. Tout à coup, l’homme se met à hurler et déboule dans le carré à quatre pattes. Bien assis comme il se doit dans un bateau, notre homme ne s’était pas souvenu de la présence d’un grand miroir devant la toilette. Il a levé la tête et a aperçu un horrible bonhomme tout ébouriffé qui hurlait en face de lui. Nous l’avons réconforté le mieux possible, mais il a préféré finir dehors. Toutefois, la consigne est demeurée de se soulager à l’intérieur la nuit, à moins d’être accompagné.

Par Robert Routhier

 

The phantom of the opera

A nice and courageous trainee is sleeping soundly until he awakes in the middle of the night in an urgency to urinate. Suddenly, the man starts yelling and falls on four hands in the saloon.

While he was sitting on the toilette, he had forgotten about the big mirror in front of the johns. When he looked in the mirror he saw a horrible man all dishevelled that was yelling in front of him.

We comforted him as we could, but he insisted on finishing his job outside. However, this was an exception, because at night to relieve one’s need is done inside unless being accompanied outside.

Translation by Dominique Lebot

Les amoureux déclarés,

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Les amoureux déclarés

Je tais le nom du lieu pour éviter toute identification. Après une belle journée de canicule, la soirée s’annonce plus fraîche et paisible. Tout à coup, une drisse commence à fouetter un mât. On repère vite le petit sloop coupable… puis on commence à comprendre. Un voisin prend l’initiative de brandir une flûte de brouillard. Au signal de ce chef d’orchestre, une vingtaine de musiciens déclenche le tintamarre. Moins d’une minute plus tard, le gars tout ébouriffé sort la tête de l’écoutille. Un tonnerre d’applaudissements l’accueille. Écarlate, il disparaît pour laisser la place à la tête de la femme et les applaudissements redoublent. Moins intimidée, elle salue son public avec un sourire mi-figue mi-raisin. La drisse demeure libre mais silencieuse toute la soirée. Le couple n’arpente pas le ponton avant la nuit tombée, même si personne ne fait la moindre allusion à l’événement.

Par Robert Routhier

Identifiable lovers

The location will remain secret, so the couple stays anonymous. After a beautiful extremely hot day, the night promises to be calm and fresh. All of a sudden, a halyard starts clanking and we quickly spot the little delinquent sloop…. and understand what is happening at the same time.

As a response, one neighbouring boat initiates blowing his fog horn. Following the signal of this maestro, twenty or more other fog horn musicians joyfully join this raucous concert.

A minute later, a tousled-look young man’s head emerges from the sloop’s hatchway. He is welcomed by a round of thunderous applause.  Blushing in shame, he disappears and is replaced by a women’s head which triggers even more applause. Less shy, she thanks her public with a wry smile. For the rest of the night, the halyard remains quiet although it is still free. The couple does not get out of their boat until night has fallen, even if nobody never has alluded about the event.

Translation by Dominique Lebot

L’effet du «boeu»,

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L’effet du «boeu»

Unique à la région de Tadoussac, le boeu est une combinaison complexe de collisions de courants, de fortes marées et de phénomènes météorologiques. Pour simplifier, disons que cette combinaison exceptionnelle retient momentanément le flot de marée, puis fait céder ce « barrage », laissant place à une mer courte, pointue et très dangereuse. Si la météo annonce un « vigoureux creux » avec un vent soutenu du sud-ouest lors d’une bonne marée, restez à quai !

Par Robert Routhier

 

The local Tadoussac current effect called “Boeu”

Unique to the region of Tadoussac, the “Boeu” effect is a complex combination of currents that collide, strong tides and meteorological phenomena. To put it simple, this exceptional occurrence happens because the rising tide is forbidden for a while to flood and suddenly this combination lets go all this water, like a “dam” giving way, and creates very dangerous short choppy spiky waves. If the weather forecast announces “vigorous wave depths” accompanied with a steady south-west wind for a major tide, do not bother going at sea, cautiously stay at the marina!

Translation by Dominique Lebot

Seul maître à bord après Dieu,

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Seul maître à bord après Dieu

Cette expression était vraie au temps où l’on ne comprenait pas les caprices de la nature et où l’on justifiait ainsi bien des gestes discutables. Il faut dire, à la décharge des commandants de vaisseaux, qu’il était souvent nécessaire d’appliquer une poigne de fer pour discipliner un équipage superstitieux. Aujourd’hui, à moins de passer plusieurs semaines en haute mer, un chef de bord peut prévoir les « actes de Dieu », ce qui peut changer la hiérarchie à bord. Aujourd’hui, nous dirions plutôt le chef de bord, Dieu puis l’équipage. C’est une blague bien sûr! Mais attention, le vieil adage persiste et de nombreux chefs de bord abusent d’un pouvoir qu’ils n’ont pas, auprès d’équipiers qui se soumettent trop facilement. En fait, il faut une bonne dose de sagesse pour commander et, dans le domaine de la navigation il y a beaucoup de tyrans déplaisants.

Par Robert Routhier

 

Sole master onboard after God

This expression used to be true in the times when nature’s fancies were not all understood and this has justified some questionable decisions. With the excuse of having a rough and superstitious crew, a Capitan often needed to be an iron-fisted leader to discipline his men. Nowadays, unless you are on off to a long passage cruise, a skipper with all the modern equipment can foresee the “acts of God”, which can change the hierarchy onboard.

Today, the order of importance has changed, we talk more about the skipper, God and the crew. Heh, it is a joke! But beware, in a way this old saying lingers and many skippers abuse the power of their title, which can sometimes go beyond a reasonable limit, because crew members will comply too easily. In fact, to be in command of a crew, a skipper needs a great deal of wisdom and in the sailing world many unpleasant tyrannical skipper still exist.

Translation by Dominique Lebot

Gagner son enfer,

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Gagner son enfer

Lors d’un convoyage, nous avons fait flamber un bateau comme des ploucs. À bord d’un bateau, nous avons tout l’équipement réglementaire pour combattre un incendie. Mais que faire dans un lieu restreint envahi de fumées toxiques, où toute attaque est rendue impossible. On essaie bien sûr et l’on jure beaucoup, assez pour gagner son enfer. Nous avons tout réaménagé, installé un système de combat à distance. Nous sommes maintenant prêts à attaquer sans jurer … Et vous ?

Par Robert Routhier

A close call to hell

During a transport delivery, we put the boat on fire like real country bumpkins. On board we have all the safety equipment required to fight a fire. But, what is there to do in a restricted area invaded by toxic fumes where it is impossible to see anything. Obviously, we have tried hard and sworn even more, enough to go to hell straight through, but finally succeed.  Afterwards, we have altered all the set up and even installed a remote firefighting system. Now, we are ready to fight such eventualities…..are you?

Translation by Dominique Lebot

La pire des mauvaises décisions,

By Lecture

La pire des mauvaises décisions

En mer, on peut prendre une bonne ou une très bonne décision. Dans l’éventail des mauvaises décisions, il y a la meilleure des mauvaises, qui vous donne une chance de vous en sortir et la pire des mauvaises, qui ne pardonne pas. Les incidents et les accidents sont souvent la somme des pires mauvaises décisions. Lors d’un mini-convoyage entre Cap-à-l’Aigle et Tadoussac, le propriétaire du bateau décide de faire la route de nuit. C’est sa première mauvaise décision, car nous aurions eu le temps de faire la route le lendemain avec un vent favorable. Mais pour une fois, je ne suis pas chef de bord. Sans vent, le brouillard s’installe. Le moteur ronronne au ralenti, car une puissante marée nous amène vers l’embouchure, qu’il ne faut pas atteindre trop tôt. Au lieu dit, (48° 4’ 00’N 069° 36’ 30’’) il faut changer de cap et remonter le jusant résiduel du Saguenay. Nous poussons le moteur en avant trois quarts. Le bateau s’exécute, mais fait un tour complet sur lui-même. Le barreur redresse la barre et réduit les gaz. Le bateau se stabilise. Nouvelle tentative, nouveau tour complet. Voilà qu’apparaissent, au raz de l’eau, un feu rouge et un feu vert et, à la verticale de bas en haut, un rouge, un blanc, un rouge, un blanc et un blanc. Bref c’est un remorqueur qui fonce droit sur nous dans un courant de huit nœuds. S’il vire, sa remorque continuera tout droit et il chavirera. J’imagine le capitaine donnant de grandes claques sur la corne pour nous faire déguerpir. Il existe une règle maritime qui stipule que si le capitaine est désemparé, tout membre d’équipage peut demander et prendre le commandement. J’indique donc au propriétaire et à sa conjointe d’enfiler leur VFI et j’en fais autant. Je mets doucement la marche avant pour faire cesser les ronds et je fais des calculs. Cette manœuvre nous permet d’éviter le remorqueur de quelques mètres, mais peut-être pas la remorque quatre fois plus large. Nous passons. Le capitaine me regarde incrédule, la main sur sa casquette. Je vois le filin d’acier qui doit faire six pouces de diamètre. Il s’abaisse et quand il devient horizontal, je sais qu’on est à mi-chemin de la remorque. Ce type de remorques a un fond plat et si le filin nous touche, nous glisserons en dessous. Le filin remonte trop rapidement à mon goût, je résiste à l’envie de mettre les gaz et nous passons de justesse. Le bateau était propulsé par deux pieds de moteur escamotables mais un seul était immergé. Voilà pourquoi il tournait en rond à plein régime. J’ai fait confiance au propriétaire et n’ai pas vérifié le fonctionnement des systèmes. La morale de l’histoire : il vaut mieux connaître un peu le bateau sur lequel on navigue.

Par Robert Routhier

The worst of worse decisions

At sea, we have the choice between taking a good or a very good decision. Within the range of bad decisions, there is always the best of worse decisions, which can give us an opportunity to get over a difficult situation and at the opposite the worst of worse decisions that will not forgive. Often incidents and accidents are the result of the sum of the worst bad decisions that have been taken.

During the short delivery trip of a boat between Cap-à-l’Aigle and Tadoussac, the owner decides to sail by night. This was his first bad decision, because we would have had the time the next day to cover the distance with favorable winds. However, for once I am not in charge, so I abide. As we head towards our destination without wind, the fog slowly settles in. The engine purrs slowly, because a powerful tide is bringing us towards the mouth of the Saguenay River that cannot be reached too early. This specific location, at 48°4’ 00’N 069°36’30”O, is where the heading must be changed to take advantage of the end of the ebb stream to go up the river. The engine is requested up to ¾ of its maximum capacity and the boat responds at first but then turns completely on itself. The helmsman depowers the boat and stabilizes it. Then another try to go up stream and the same destabilisation happens. Suddenly, flush to the water appears a red and a green light and at the vertical from bottom to top  red, white, red, white and white lights.  This means that a tug boat is aiming straight toward us riding an eight-knot current. If it turns, the barge it trails will continue straight ahead and overturn the tug boat. I can imagine its Capitan furiously tapping on his fog horn to have us get out of his way.

In the maritime world, there is a rule that says that if a skipper is in a distraught state any crew member can request and take over the command of the boat. Hence, I ask the owner and his wife to put on their life jacket and do so myself. I slowly increase the speed a little to stop the circling on itself motion of our boat and I assess our possibilities.  That manoeuver allows us to barely avoid the tug boat of only a few meters, but maybe not the barge it pulls which can be four times larger. We have steered clear of the tug boat and the Capitan stares at me with an incredulous look and one hand on his cap. Following the tug, I can see, at the very least, a 6-inch-diameter steel towline that lowers to become horizontal, this tells us that we are at half way of the barge.  I know that these type of barges have a flat bottom and if the towline touches our sailboat we would slide underneath.  I resist the envy to put full throttle and once again we barely avoid a collision.  Afterwards, I find out the reason why our boat would circle on itself at full speed. Being powered by two outboard engines, only one of them was in use the other being raised. I trusted the boat owner and had not taken the time to check the boat’s systems before sailing. So the morale of this incident tells us that for security purposes, it is always better to have a minimal knowledge of the boat on which we sail.

Translation by Dominique Lebot

Coded to Pixel Perfection

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